Sur les pas d’Anne de Bretagne : en Val-de-Loire

AnneDeBretagne

(Morceau « Anne de Bretagne »  © 2016 Paroles et musique Pierre Monfort avec Gaëlle Lavarec à la harpe celtique,  Sylvain Monfort à la basse et Françoise Dorval au chant. Enregistré et mixé aux studios Rospico à Nevez) :

Une fois n’est pas coutume, Armorique.net nous emmène aujourd’hui en dehors des limites de notre belle région ! Il s’agit aujourd’hui de suivre le parcours en Val-de-Loire de la duchesse Anne, une des personnalités les plus marquantes de l’histoire de la Bretagne. Cette épopée médiévale va principalement se situer en Touraine, une région dans laquelle Anne de Bretagne a séjourné de nombreuses années suite à son premier mariage avec le roi de France Charles VIII.

Un peu d’histoire, d’abord : née en 1477 à Nantes, au château des ducs de Bretagne, Anne de Bretagne est la fille de François II, duc de Bretagne et en l’absence d’héritier mâle, la question de son mariage est éminemment politique. Cela va déterminer l’avenir du duché de Bretagne, objet de nombreuses convoitises depuis les guerres de succession et la guerre de cent ans. A la disparition de son père en 1488, le Royaume de France demande la tutelle d’Anne et de sa sœur, ce qui lui est refusé. Le roi Charles VIII décide alors de rentrer en guerre contre le duché. Âgée de 13 ans, Anne de Bretagne épouse alors par procuration Maximilien 1er, roi des Romains, ce mariage confortant les alliances avec les ennemis de la France. Ceci est vécu comme un nouvel affront, ce qui va conduire Charles VIII à intensifier sa campagne militaire… Les forces bretonnes vont connaître des défaites, et le siège de Rennes va marquer la fin du conflit : Anne de Bretagne est contrainte, avec l’appui de la papauté, à se fiancer au roi de France. Le mariage, scellant définitivement le destin de la Bretagne aura lieu au château de Langeais, en décembre 1491…

Commençons donc ici notre visite, et arrêtons nous à Langeais, pour cette première étape. Langeais est située à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Tours, sur les bords de la Loire. C’est une très jolie ville avec un impressionnant château médiéval en plein centre, visible au détour des différentes rues : un paysage exceptionnel, et un endroit où il fait bon flâner un jour de beau temps… on peut aussi marquer une pause avec la présence de terrasses et restaurants pratiquement au pied de l’édifice. La visite du château, reconstruit à partir de 1465 sur les ruines de l’ancienne forteresse médiévale dont il ne subsiste que le donjon, permettra entre autres de découvrir une reconstitution du mariage d’Anne de Bretagne et de Charles VIII.

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Poursuivons maintenant notre périple en nous rendant cette fois à l’est de Tours, toujours sur les bords de la Loire, pour nous rendre à Amboise : le château royal, site majestueux, est un haut lieu de l’Histoire de France classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Là encore, on pourra observer de nombreux témoignages de la présence de la Reine de France Anne qui y vécut avec Charles VIII. Ce dernier réalisera de nombreux travaux à Amboise pour le transformer en un palais somptueux, et parmi les armoiries des nombreux souverains qui y séjournèrent (de Charles VII à Henri II) on pourra remarquer en de nombreux endroits la présence mêlée du lys et de l’hermine. Charles VIII connaîtra une fin tragique à Amboise, puisqu’il va se heurter la tête à un linteau et mourra des suites de cet accident peu glorieux en 1498.

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La visite du château royal d’Amboise permet de découvrir de nombreuses salles et des édifices richement décorés, dont certains ont été construits spécialement pour la reine, tels que la chapelle Saint-Hubert ou le logis des sept vertus. On y trouve aussi des collections de tableaux réalisés à la demande des occupants successifs, et aussi deux portraits contemporains de Charles VIII et Anne de Bretagne inspirés par ceux de Jean Pérréal en 1495.

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Parmi d’autres curiosités, on peut citer le superbe jardin et aussi la tombe de Léonard de Vinci, qui vécut les dernières années de sa vie à Amboise, installé par François 1er,,,, dans le château du Clos Lucé situé à quelques centaines de mètres du palais royal et lié à ce dernier par un passage souterrain qu’empruntait souvent le roi pour rendre visite à son ami et mentor.

Le château du Clos Lucé, d’ailleurs, va constituer une autre étape d’importance sur le parcours d’Anne de Bretagne en Val-de-Loire : en effet, même si la visite de cet endroit est aujourd’hui principalement axée sur les inventions et l’histoire de Léonard de Vinci, on y trouve des éléments se rapportant à la Reine Anne qui y vécut quelques temps, le château ayant été transformé en « lieu de plaisance » par Charles VIII dans la continuité des travaux de rénovation du château d’Amboise. On peut y visiter une chapelle gothique, construite par le souverain pour son épouse : cet oratoire constituait une pièce sacrée dédiée à la prière où la reine avait l’habitude de méditer et de trouver refuge dans ses moments d’affliction, notamment suite à la perte de ses enfants en bas âge.

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Pour faire le lien avec les deuils successifs qu’a connus Anne de Bretagne, on peut aussi poursuivre notre visite dans le centre historique de Tours, et parcourir la cathédrale Saint Gatien qui abrite « le tombeau des enfants de France » : il s’agit du tombeau des deux enfants qu’a eus la reine avec Charles VIII, Charles et Charles Orland morts respectivement à l’âge de 25 jours et de 3 ans. Initialement, ce tombeau a été érigé en 1506 dans la basilique Saint-Martin de Tours, qui fut en grande partie détruite lors de la Révolution. Ayant été préservé lors des destructions, le tombeau fut déplacé en 1815 dans la cathédrale Saint Gatien.

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Enfin, dernière étape de notre visite en Touraine : un détour par la cité royale de Loches, située à une cinquantaine de kilomètres au sud est de Tours. Ici encore de nombreux endroits nous ramènent au thème principal de notre visite. En effet, Anne de Bretagne a séjourné fréquemment à Loches, imposante cité médiévale dans laquelle Charles VIII lui fera une nouvelle fois construire un oratoire à l’intérieur du logis royal.

La visite de cette place-forte située en haut d’un promontoire rocheux ne manque pas d’attraits : on peut citer le logis royal surplombant la vallée, les remparts datant du XIIème siècle ou encore le gigantesque donjon, parmi de nombreux autres éléments architecturaux et religieux remarquables qui contribuent à en faire un site exceptionnel.

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Voilà, nous terminons cette visite en Touraine sur les traces d’Anne de Bretagne… Dans une prochaine balade en images, nous pourrons compléter ce parcours par la visite du château royal de Blois où la reine Anne vécut principalement après le décès de Charles VIII et son remariage au roi Louis XII. C’est d’ailleurs à Blois que s’éteindra Anne de Bretagne en 1514, à l’âge de 36 ans.

Mais restez patients, cela fera sans doute l’objet d’un prochain article sur Armorique.net !

Quelques ressources complémentaires pour approfondir le sujet :

Patrimoine

5 responses to Sur les pas d’Anne de Bretagne : en Val-de-Loire


  1. Excellent travail ! Sujet passionnant même pour ceux qui ne sont pas particulièrement attirés par l’histoire. Un grand bravo à la famille Monfort et leurs accompagnateurs. Les studios Rospico vont bientôt rivaliser avec ceux du label Sun Records.

  2. Monfort Chierici D.

    Très beau sujet,qui, grâce aux récits, photos et superbe chanson d’accompagnement, nous transporte dans la vie d’ Anne de Bretagne. Merci aux photographe, musiciens, et narrateur.

  3. Bonjour,

    Merci pour cet article très instructif pour qqun qui va bientôt habiter aux abords du château natal d’Anne de Bretagne à Nantes…et bravo pour ce site internet culturel varié et bien documenté.

    Bonne continuation!

    Sophie NORMAND

  4. Thesy

    Bravo à la chanteuse et aux musiciens :magnifique ! Quel amour dans cette famille Monfort :çà se sent

  5. Martine raffestin

    Bravo pour ce bel article bien documenté et à la musique qui l’accompagne. Il est toujours plaisant de revoir la Touraine, région si riche en histoire et son paysage calme et lumineux, ne dit on pas que celle-ci est le jardin de la France !

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